Patrice Lecornu, l’âme d’un formateur

Patrice Lecornu, l’âme d’un formateur | Red Star Football Club

Portrait d'un personnage incontournable et historique du Red Star

Joueur, entraîneur, directeur de la formation, directeur technique… Patrice Lecornu est un homme aux multiples casquettes. Parmi elles, l’une compte peut-être plus que d’autres : celle d’un formateur passionné, désireux de transmettre son savoir et de voir le talent éclore.

Patrice Lecornu découvre Saint-Ouen il y a plus de trente ans, en 1976. Agé d’à peine 18 ans, il signe un contrat de stagiaire professionnel et reste deux ans au club, sous les ordres de Roger Lemerre. Deux saisons couronnées de succès. Auteur de superbes performances, il séduit le public et attise les convoitises. En 1978, le SCO Angers lui ouvre les portes de la Division 1. Il va en devenir un joueur majeur. Durant ces années angevines, il découvre ainsi l’équipe de France, sélectionné par trois fois en 1979 et 1980.

En 1981, il continue son ascension et atterrit chez l’un des ogres de Première Division, le FC Nantes. Il y  rencontre Jean-Claude Suaudeau, un homme qui marquera la carrière post-joueur du jeune Ornais. « Dans les séances de Jean-Claude, rien n’était laissé au hasard. Même quand il nous laissait nous amuser, cela avait une raison ». Mais à Nantes, son parcours de joueur se complique. Victime d’entorses au genou à répétition, il doit se faire opérer. Son rétablissement prend du temps, et à la fin de la saison 1983/84, il décide de quitter la Loire-Atlantique.

Le talentueux ailier retrouve alors le club qui l’a vu décoller : le Red Star. Malheureusement, une seconde blessure, également au genou, a raison de sa première saison. Malgré plusieurs tentatives de retour, il se plie à l’avis des médecins et arrête sa carrière. Nous sommes en 1987. Il n’a que 29 ans et une nouvelle carrière débute. Le président de l’époque, Jean-Claude Bras, lui propose un poste d’éducateur. Le jeune retraité prend donc en charge l’équipe réserve du Red Star et devient l’adjoint de Philippe Troussier, entraîneur de l’équipe-fanion. Il  en prendra directement les rênes en 1989/90 pendant trois mois.

Deux ans plus tard, le centre de formation est créé, et Patrice Lecornu en devient le directeur. Il le restera jusqu’en 2000, permettant l’éclosion, parmi tant d’autres, de Steve Marlet, Khalilou Fadiga, Charles Itandje ou encore Abdoulaye Meïte : « Abdou était un exemple au niveau de l’état d’esprit. Il n’avait pas d’aptitudes exceptionnelles, mais une volonté de réussir au-dessus de la moyenne. Il savait être à l’écoute des conseils, ce qui lui a permis de progresser. Il a joué la CAN et la Coupe du Monde. A titre personnel, je suis très fier de ce qu’il a accompli. »

En 2000, l’éducateur décide de tenter un nouveau challenge, et rejoint son compère et ami François Gil au Paris Saint-Germain. Laurent Perpère lui donne la responsabilité du centre de formation parisien. Une aventure différente après des années à Saint-Ouen : « Au Red Star, il existe une solidarité, une ligne de conduite suivie par l’ensemble des éducateurs. Cet esprit de famille était moins évident au PSG. » Cela ne va pas l’empêcher, pendant cinq saisons, de développer le talent des futurs professionnels du club de la capitale. Ngoyi, Chantôme, Sankharé, Arnaud ou Sakho : autant de joueurs que Patrice  Lecornu amène à maturité. Il quitte le PSG en 2005, après des années d’un investissement total.

Après un répit de courte durée, et un bref passage au PFC, l’ex-international accepte le projet proposé par l’actuel président du Red Star, Patrice Haddad. Une nouvelle aventure pour cet Audonien de cœur, nommé directeur technique en juillet dernier : « Evidemment, des choses ont changé depuis mon départ mais je suis confiant. J’ai retrouvé la même passion chez les éducateurs. Je souhaite aider le club à 100%, en apportant mon expérience aux éducateurs, en les faisant progresser, en étant à leur écoute. C’est fondamental. »

Formateur dans l’âme, Patrice Lecornu veut redonner à la formation audonienne ses lettres de noblesse : « Le Red Star doit retrouver une identité départementale. Il existe un véritable vivier ici.  Nous devons être capables d’attirer les meilleurs joueurs des villes environnantes et de les garder. Il faut pour cela créer une continuité, une passerelle entre notre école de foot, nos équipes de jeunes et nos équipes séniors. » Une vision partagée par l’entraîneur de l’équipe CFA, Alain Mboma, avec qu’il travaille en étroite collaboration. « Il faut que tout le monde tire dans le même sens, on doit laisser de côté l’individualisme. Au Red Star, je veux un club avec un grand C ». Un discours stimulant auquel adhéreront sans aucun doute joueurs, éducateurs et supporters.

Etienne MARTIN



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