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Jour d’anniversaire !

115 bougies pour le Red Star

A cent-quinze ans l’Etoile Rouge brille toujours sur les faubourgs de Paris. Depuis le 12 mars 1897, le club de Jules Rimet écrit son histoire entre gloires et espoirs de lendemains qui chantent. Du Panthéon du football français aux combats pour retrouver la lumière, retour en dix dates clés sur la vie mouvementée d’un club décidément pas comme les autres.

12 mars 1897 : La création
C’était un vendredi. Jules Rimet et son frère Modeste se décidaient à déposer officiellement les statuts du Red Star Club auprès de l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques. Le début d’une grande aventure.
 
24 octobre 1909 : Bauer est né
Saint-Ouen c’est encore presque la campagne à cette époque. Le Red Star s’installe dans ce qui n’était qu’une plaine rue la Chapelle. Qui pensait alors que pendant plus d’un siècle l’Etoile Rouge occuperait les lieux ? C’est au Stade de Paris devenu Stade Bauer que l’Etoile Rouge écrira ses grandes pages, toujours soutenue par le peuple Vert et Blanc, véritable constante de l’histoire du Red.
 
28 janvier 1923 : Le Red Star, c’est la France !
La France se déplace au Stade Atocha de San Sebastian pour affronter l’Espagne. Fait marquant ce soir-là : sur les onze joueurs alignés au coup d’envoi, sept évoluent au Red Star. Presque deux tiers de la sélection est audonienne. Un chiffre qui n’empêche pas les Bleus de s’incliner (3-0) mais qui prouve la domination sans partage qu’exerce alors l’Etoile Rouge sur le football français.  Avec sept joueurs, le Red Star détient toujours le record du plus grand nombre de sélectionnés alignés en même temps pendant quatre-dix minutes.

6 mai 1928 : Une quatrième Coupe
Dans un stade de Colombes bondé (plus de 30 000 spectateurs), le Red Star et Paul Nicolas, sa figure emblématique, soulèvent leur quatrième Coupe de France après celles de 1921, 1922 et 1923. Face au CA Paris, les Audoniens ne tremblent pas et l’emportent grâce à Wartel (8e) Lund (31e) et Brouzes (61e) (3-1). La vitrine de Bauer comptera un cinquième trophée en 1942.
 
21 février 1944 : Ciao Rino …
L’Italien Rino Della Negra, ailier droit du Red Star des années 40. Un enfant d’Argenteuil, une figure de la Résistance, un joueur prometteur. Contre l’oppression nazie, il s’engage avec le célèbre groupe Manouchian dans la clandestinité. Son visage est placardé sur les murs de France à travers la tristement célèbre affiche rouge, celle de la propagande allemande le présentant lui et sa vingtaine de camarades comme des terroristes. Arrêtés en 1943, ces "Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant" (Aragon) sont fusillés le 21 février 1944. Dans une lettre posthume, le jeune Rino (20 ans) demande à son frère de transmettre "le bonjour et l'adieu à tout le Red Star". Le Red Star aussi le salue bien en lui dédiant une plaque commémorative devant le stade Bauer.
 
26 mai 1946 : La dernière finale
Le Stade de Colombes est une nouvelle fois archi-comble. Cette fois c’est 60 000 spectateurs qui s’y sont massés. Insuffisant cependant pour porter le Red vers un sixième trophée. Battus 4-2 par Lille, les Vert et Blanc laissent passer leur chance. Ils attendent depuis l’opportunité de la saisir à nouveau.
 
26 mai 1965 : De retour en première division 
L’année 1965 est celle de la lumière pour le Red Star. A tous les sens du terme. La Mairie installe les quatre pylônes électriques qui vont permettre aux Vert et Blanc de se produire en nocturne tandis que sur ce terrain nouvellement éclairé l’équipe enchaîne les bonnes performances. L’Etoile Rouge brille contre Reims (1-0) devant plus de 20 000 spectateurs et retrouve l’élite après une victoire contre Aix-en-Provence grâce à un but de Taillepierre le 26 mai. Julien Manzano, l’enfant du Red Star et capitaine de cette équipe avoue que "c’est un rêve qui se réalise".
 
8 mai 1993 : A un souffle de la montée
La saison du Red Star est exceptionnelle. Emmené par un trio d’attaque de feu (Marlet-Thimothée-Michel), les hommes de Pierre Reppelini manquent la montée pour trois petits points. C’est lors de l’avant-dernière journée que le Red loupe le coche. Face à Rennes, un concurrent direct pour l’accession en D1, les Audoniens s’inclinent (0-2) sur deux réalisations de Denis (55e) et Fahr (90e). Bauer et ses 5000 spectateurs sont abattus. Quatrièmes du classement, les Vert et Blanc ne reverront pas l’élite. 
 
3 avril 2000 : L’épopée de la Coupe de la Ligue   
6000 spectateurs ont pris place au stade Marville de la Courneuve pour soutenir le Red. Toute l’Ile-de-France rêve d’une finale en forme de derby entre le Red et la Paris Saint-Germain de Bernard Lama et Jay-Jay Okocha. Mais avant d’accéder au Stade de France, il faut franchir l’obstacle Gueugnonnais (D2). Les Audoniens, poussés par leur public, vont mener deux fois au score, d’abord grâce à  Richard Akiana (30e) puis sur une tête de Karim Fellahi (84e). Mais, à chaque fois, ils vont être repris. La seconde égalisation est particulièrement cruelle : elle survient deux minutes avant la fin du temps réglementaire (88e). La prolongation est insoutenable, les Rouges ne concrétisent pas, et la loterie des tirs au but va décider de l’issue du match. La séance est terrible, après le passage de tous les joueurs de champ, les équipes ne sont toujours pas départagées (8-8). C’est au tour des gardiens : Trivino stoppe le tir de Branger et réussit le sien. C’est fini. Le Red est éliminé et la déception est grande, mais l’exploit restera: jamais, dans l’histoire de la coupe de la ligue, un club de National n’avait atteint ce stade de la compétition !  
 
7 janvier 2012 : Un symbole et le renouveau ?  
Après avoir envoyé sa jeunesse battre le champion de Polynésie sur ses terres, après avoir arraché la qualification à l’ultime seconde à Forbach, le Red Star gagne le droit d’affronter Marseille en trente-deuxième de finale de la Coupe. La rencontre, délocalisée au Stade de France, tourne à l’avantage des Olympiens (0-5) mais l’essentiel est ailleurs. En réunissant 50 000 personnes à Saint-Denis, un chiffre atteint pour la première fois à ce stade de la compétition dans l’histoire de la Coupe de France, le Red Star a relevé le premier défi que lui lançait 2012, s’il remporte celui, plus difficile encrore, du maintien, il pourra regarder l’avenir avec sérénité. 
 
François-Xavier Valentin
Crédit photo : Renaud Julian