« Apporter ma contribution au projet »

« Apporter ma contribution au projet » | Red Star Football Club

Première interview de Manuel Pirès

Le nouvel entraîneur adjoint du Red Star s’est confié sur son enthousiasme d'avoir rejoint l’Étoile Rouge à l’intersaison. Il évoque son parcours, son futur rôle dans le projet du centre de formation et sa relation avec Sébastien Robert. Entretien.

Manuel, qu’est ce qui vous a le plus séduit au Red Star ?

Il y a tout d’abord l’accueil chaleureux que j’ai reçu lors de mes premiers contacts, de la part de l’ensemble du club. Le Red Star m’a ensuite demandé d’apporter ma contribution au projet du club. Mon temps de réflexion fut extrêmement court et j’ai accepté l’invitation ! Le projet m’intéressait et j’ai senti que quelque chose était en train de se créer. Cela m’a rappelé mes bons vieux souvenirs d’Amiens puisque j’ai l’impression de revivre ce que j’ai vécu là bas. Comme on dit, dans la vie, nous avons des coups de cœur et le Red Star en est un. Je suis un peu dans la lignée de ma famille puisque je suis issu d’une famille de bâtisseur donc je me reconnais dans ce club.

Vous avez passé sept ans à l’OGC Nice. Quelles ont été vos fonctions et vos plus grandes victoires ?

Je tiens vraiment à ce que l’on cite René Marsiglia. C’est lui qui m’avait proposé le poste des U16 à l’époque. Je sortais d’un poste de directeur de centre de formation à Amiens. Au départ, ce n’était pas forcément évident. Mais je me suis vite attaché à cette fonction auprès des jeunes. La première année, nous avons fini second avec les U16, aux portes des phases finales avec une progression constante du centre de formation. Ensuite, nous sommes montés progressivement en puissance. Cependant, ma plus grande victoire à Nice, c’est d’avoir développé une philosophie de jeu qui n’existait pas avant. C’est une réussite dont je suis fier au-delà de la victoire en Gambardella et de la montée en CFA.

Le centre de formation, c’est un projet que vous avez grandement entrepris à l’OGC Nice. Cette attirance pour la formation vous vient de votre propre expérience au LOSC ?

Oui, depuis très tôt j’avais cette fibre là. C’est mon ancien entraîneur, Daniel Hurier qui me l’a donné. Quand j’étais au centre de formation au LOSC, j’avais une équipe de poussin le mercredi et le samedi matin. Je pense que c’est à partir de ce moment là que la fibre formatrice est venue. J’ai pris beaucoup plus de plaisir à entraîner qu’à jouer.

Le 93 est l’un des meilleurs viviers en France et le centre de formation est au cœur du projet du club. Ce sont deux paramètres importants dans votre venue ?

Pour moi, c’est impensable de considérer qu’à Paris, il n’y ait  pas de deuxième club phare comme le Paris Saint-Germain pour pouvoir accueillir les jeunes dans des infrastructures dignes de ce nom. Avec tous les jeunes du club, on peut envisager de créer une très belle émulation entre les joueurs. C’est beaucoup plus simple de former à Paris avec des Parisiens !

De nombreux joueurs sont issus de la formation du Red Star. L’identité, l’ADN et la philosophie du Red Star seront importantes à inculquer aux jeunes du centre de formation ?

Oui. L’ADN est très important. Le Red Star a des couleurs uniques. Ces couleurs sont reconnaissables de tous. C’est un club qui a compté parmi l’élite pendant de nombreuses années. Des joueurs emblématiques sont passés par le club donc il y a des identités indissociables. Il faut véhiculer une image positive. C’est aux dirigeants et aux éducateurs de se dire que nous sommes dans une dynamique sur plusieurs années. Nous avons du temps pour créer cela mais nous ne devons pas attendre, par contre, pour rejoindre la L2.

Revenons à l’actualité… Comment se passent vos premières séances aux côtés de Sébastien Robert ?

J’apprends à découvrir un nouveau rôle. J’ai la chance d’avoir quelqu’un de très ouvert et de compétent. Il est passionné autant par le football que par son club. Ça correspond à ma façon de voir les choses. On a eu une très bonne entente dès la première semaine. Nous avons deux caractères complémentaires. Je revis d’une certaine manière car ma dernière saison à Nice était un peu compliquée.

La saison commence par Amiens, club dans lequel vous avez évolué pendant 5 ans… Comment aborder ce début de saison ?

En faisant un départ tonitruant. La saison est longue mais faire un bon départ lance la machine. Il faut être régulier, constant et ne pas avoir de passages à vide. Il est important d’avoir un effectif concerné. Il y a onze joueurs qui vont débuter le championnat et onze autres qui le finiront sans forcément que cela soit les mêmes. Il y a de la place pour tout le monde. La saison commence par Amiens. C’est un joli clin d’œil pour moi.

Vous avez été défenseur. Avec vous, Faouzi Amzal (Gardien), Sébastien Robert (milieu offensif) et Steve Marlet (attaquant), nous avons tous les postes. Est-ce un point important dans un staff ?

C’est vrai. On n’y avait pas forcément pensé mais chacun aura un peu plus de connaissance en terme de jeu, de séances et d’entrainements  en fonction de son expérience. Par exemple, c’est plus simple pour un ancien attaquant de conseiller un attaquant. Mais en même temps, nous devons être généraliste dans le football, ne pas être spécialisé uniquement dans un poste. Il faut tous les maîtriser. Nous devons connaître les forces et les faiblesses de chaque joueur, de chaque poste et des tactiques qui en découlent.

Vous avez connu peu de club dans votre carrière de joueur ou d’entraîneur (St Quentin, Amiens,  Nice), la continuité et l’installation durable dans un projet sont importantes pour vous ?

Tout à fait. Je suis très fidèle ! Je m’attache beaucoup aux personnes, aux clubs et je m’investis de la même sorte. Quand on y met du coeur, je pense qu’on fait mieux son travail. Même si notre métier nous amène à bouger, je pense que l’on est plus compétent en travaillant sur la durée. Nous sommes là pour construire, pour bâtir et pour former afin de voir un jour le beau bébé que nous avons mis en place les années précédentes. Le Red Star a déjà commencé à travailler sur ce projet, nous allons tout mettre en œuvre pour continuer ainsi.

Propos recueillis par Maxime Eyrignoux



Voir les autres articles