Le Red Star et la Bretagne

A la veille de Red Star – Vannes


Forte tête, fière et généreuse, l’Etoile Rouge partage de nombreuses caractéristiques avec la Bretagne. D’Armand Penverne à George Eo, en passant par la finale de coupe de France 1922 gagnée contre Rennes, l’histoire s’est souvent immiscée entre le Nord de Paris et l’Ouest du pays. Pour le plus grand bonheur des Audoniens.

Toute la Bretagne à Saint-Ouen
Dans la galerie des grands joueurs du Red Star, les lieux de naissance sont évocateurs. Brest, Vannes, Lorient, Saint-Brieuc, Pont-Scroff… Du Finistère jusqu’aux côtes d’Armor, c’est de tous les rivages bretons que sont provenu certaines des figures les plus marquantes de l’Etoile Rouge. Comment oublier Penverne et Fouillen ? Les deux Bretons, tous deux prénommés Armand, tous deux furtifs mais éternels Audoniens. Ces enfants du Morbilhan n’ont joué qu’une saison à Saint-Ouen (1959-1960) mais leur marque est indélébile. Celle de Fouillen est gravée dans le livre des records. Meilleur buteur du club avec 22 buts en deuxième division, ce joueur de 26 ans, champion de France avec Saint-Etienne (1957), a porté le Red à la cinquième place du championnat. Son compère Penverne n’était pas pour rien dans ce classement. Auréolé d’une troisième place à la Coupe du Monde 1958 et d’une finale de coupe des clubs champions 1959 (avec Reims), il débarque à Bauer en 1959 pour mener à bien l’opération remontée. Malgré sa classe au milieu de terrain et ses trente-six rencontres disputées, il ne parvient pas à ramener le club audonien en première division. Il fête malgré tout sa dernière sélection avec les Bleus à trente-trois ans contre l’Autriche (décembre 1959). L’hommage que lui rend le peuple du foot à l’annonce de sa mort en février dernier est à la hauteur de son immense carrière.

George Eo est une des autres gloires audoniennes venue de Bretagne. Joueur de devoir, il participe à deux saisons du club en D2 (de 1976 à 1978) au milieu de terrain. Il marque même cinq buts (1977-1978). Le club termine troisième mais doit déposer le bilan. Après un exil de deux ans au Paris FC, il revient à Saint-Ouen pour relever le Red Star. Entraîneur-joueur en D4, il ramène le Red en D2 en deux saisons et gagne la reconnaissance des supporters audoniens. Il restera joueur jusqu’en 1983 et entraîneur du club jusqu’en 1985. Sa mission accomplie, il quitte Paris pour se rapprocher de sa Bretagne natale et c’est à Nantes qu’il s’installe.

D’autres joueurs audoniens avaient des racines bretonnes. Gilles Bourges, gardien de l’Etoile Rouge dans les années 90 ou Juliens Dominique, auteur de douze buts (1935-1936) ont fait beaucoup pour la bonne image de leur région à Saint-Ouen.

La finale de 1922
Une des plus grandes joies de l’Etoile Rouge s’est construite face au Stade Rennais. En finale de la coupe 1922, les Audoniens battent facilement les Bretons (2-0). Devant 26 000 supporters massés à Pershing, Nicolas (14e) et Sentubéry (87e) en fin de match offre une deuxième coupe consécutive au Red Star. C’est dire si la Bretagne reste associée à des souvenirs heureux !

Du soutien venu de l’Ouest
Symbole de cette entente puissante entre le Red Star et la Bretagne, le groupe de supporters du Gang Green a longtemps bénéficié d’un soutien fort dans l’Ouest de la France. Souvent présents en déplacement ou à Bauer, le Gang Green section Ouest, composé de fans audoniens habitant en Bretagne, est moins actif ces derniers temps. Il reste la preuve de la popularité du club à travers l’hexagone. Vendredi, son cœur ne balancera pas et c’est de toute sa voix qu’il encouragera l’Etoile Rouge. Pour écrire une nouvelle page victorieuse de l’histoire.

François-Xavier Valentin