Red Star International : Espagne

Red Star, olé !

Le Red Star n’est pas né Estrella Roja et rien ne le prédestinait à nouer avec l’Espagne une relation privilégiée. Pourtant il a toujours entretenu avec cette partie de la péninsule ibérique un lien étroit et régulier. De l’accueil du Barça en 1926 aux jeunes pousses formées à Saint-Ouen et parties briller au sud des Pyrénées, le Red Star s’est découvert une passion castillane. Focus.

L’histoire commence à San Sébastian
Il ne reste plus rien du petit stade d’Atocha. Démoli en 1993, cette petite enceinte basque avait le charme britannique des arènes de l’époque. C’est en son sein, en plein cœur de San Sé, que le Red Star a établi un de ses plus fameux records. A l’occasion des dix ans de la construction de l’ensemble, l’équipe de France est invitée à disputer un match face à l’Espagne. Une rencontre amicale qui ne l’était pas vraiment à une époque où aucune compétition internationale ne réunissait les sélections (hors J.O). Les Bleus sont alors en grande majorité des Audoniens. Gamblin, Hugues, Bonnardel, Chayrigues, Brouzes, Nicolas, Joyaut sont autant de Redstarmen titulaires au coup d’envoi. Aucun ne peut éviter la cinglante défaite (0-3) mais quatre-vingt dix ans plus tard l’Etoile Rouge détient toujours le record du plus grand nombre de sélectionnés alignés en même temps pendant quatre-vingt-dix minutes.  
    
Le Red Star – Barça des années folles
1926. Le Red Star vient de remporter trois Coupes de France consécutives. Le Barça, lui, joue déjà dans une autre cour : sept Coupes du roi conquises, une douzaine de milliers de socios et un stade des Corts flambant neuf.  Ces deux géants européens souhaitent se mesurer, les Catalans n’ont pas l’habitude de se déplacer et il faut toute l’insistance des dirigeants audoniens pour qu’ils acceptent de se rendre à Paris le 11 novembre. La confrontation a lieu au Stade Buffalo de Montrouge devant une foule immense en ce jour férié. La rencontre, appelée à faire "sensation" selon le journal l’Auto du jour, se solde hélas par une défaite audonienne (1-4), mais le Red peut être fier : il a fait découvrir le Barça.

Justo, Jaime et José : l’Etoile Rouge au cœur
Justo Nuevo, l’enfant de la pauvre Estrémadure, s’exile en France dès son plus jeune âge.  Il y débute une carrière de footballeur en région parisienne. Les années d’après-guerre sont celles de ses débuts. Trois saisons au Red Star (de 1945 à 1948) en première division, marquée par une finale de Coupe de France perdue avec le club audonien (1946). Latéral gauche, il s’installe comme titulaire avant de partir sous d’autres cieux (Lille, Le Havre, Rennes). Très attaché à la région parisienne, il y revient vivre son après-football et c’est non loin de Bauer, qu’il aimait tant, qu’il s’éteint en 1991 (à Pierrefitte).
Ses successeurs espagnols seront peu nombreux. Il y a bien Jaime Escudero, en 1951. Mais ce joueur brillant, passé par l’Athletic Bilbao et le FC Barcelone, n’exploitera pas tout son potentiel. En poste à l’Institut Pasteur, il fera de la médecine sa vocation, délaissant le football et le Red Star du même coup. José Balta prendra sa suite quinze années plus tard. Le club Vert et Blanc évolue alors toujours en deuxième division. José, l’attaquant, n’y inscrit que trois buts avant de quitter l'hexagone.

Song, Feghouli, Diarra : les nouveaux conquistadors
Il y a peu, le Red Star pouvait encore se targuer d’être le seul club français à posséder simultanément trois joueurs formés dans ses rangs jouant dans les trois plus grands clubs espagnols. Entre Lassana Diarra au Real Madrid (qu’il a quitté le week-end dernier), Alexandre Song à Barcelone et Sofiane Feghouli à Valence, les talents audoniens ont conquis l’Espagne. Avec eux, l’Etoile Rouge a acquis une place de choix au pays de la Furia Roja.

François-Xavier Valentin