fbpx
Red Star – Rouen

L’histoire d’un duel centenaire


Ce sont les faux frères du football français. Nés presque jumeaux à deux années d’intervalle (1897 et 1899) mais séparés par le temps, le Red Star et le FC Rouen partagent une histoire mouvementée, où les pages de légendes succèdent souvent aux chapitres moins glorieux. Adversaires réguliers (plus de cinquante confrontations) pendant cent-dix ans, ils se retrouveront à nouveau vendredi. Focus.

Tout commence par la Coupe (1922-1942)
La Coupe, le Red Star aime ça. Il a déjà remporté l’édition de 1921 et c’est en grand favori qu’il se présente la saison suivante. L’épopée passe une première fois par Rouen puisque c’est dans la ville normande que les Audoniens disposent de Tourcoing en quart de finale (2-1). Ce n’est qu’une étape : en demie, l’Etoile Rouge affronte cette fois Rouen au Havre sur le terrain de son voisin honni. Le club de Saint-Ouen s’impose en spécialiste de l’épreuve (2-1) et accède à une deuxième finale consécutive.
Battre Rouen en Coupe porte décidément chance aux Redstarmen. Lors de la saison 1941-42, en pleine guerre, la vieille dame souffre. Dénaturée et découpée en zones comme le territoire français, elle perd une grande partie de son charme. Le Red Star fait néanmoins le métier et élimine facilement Rouen au Parc  en quart de finale (zone occupée) (4-1). Le onze du capitaine George Meuris remportera cette année une cinquième fois le trophée.

Choc en D1 (1969)
Dernière journée à Saint-Ouen. Le mois de juin est déjà bien avancé mais le public est toujours au rendez-vous (8000 spectateurs de moyenne cette saison-là). Le Red Star joue sa survie dans l’élite, talonné par Ajaccio, Monaco et Nice, il doit absolument éviter la dix-septième place synonyme de barrage de relégation. Moy, Garrigues, Baeza, Taillepierre et Bernard notamment s’apprêtent à faire leurs adieux à Bauer. Rouen est favori et vise encore le podium. Poussés par son fervent public, les Audoniens s’imposent largement (4-0) et clôturent une saison galère (première victoire lors de la quatorzième journée) où ils avaient pourtant de grandes ambitions.

Carton plein ! (1993-1994)
La saison 1993-1994 est celle de l’espoir. Resté au pied du podium lors de l’exercice précédent (quatrième de D2), le Red Star vise cette fois clairement la montée. Nets vainqueurs à Diochon lors du match aller avec un but inscrit par chacun des attaquants (Marlet, Michel, Thimothée), les hommes de Repellini remettent ça au retour. Et pourtant tout avait mal commencé, les visiteurs ouvrant le score par Lobé (8e). La réaction Verte et Blanche allait être fulgurante : Michel (12e) et Valéri (14e) donnait l’avantage à l’Etoile Rouge en deux minutes de folie. Plus tard, Fiatte, Thimothée et Agasson amplifiaient l’avance audonienne (5-1). Paris-Normandie n’était pas tendre le lendemain avec les Diables rouges titrant sur le sentiment de « honte ».  Au terme de la saison, Rouen sera relégué alors que le Red manquera une nouvelle fois la montée de peu (cinquième).

La dernière en date (2012)
Une semaine après une défaite sévère (0-5) en trente-deuxième de finale de coupe au Stade de France contre Marseille, le Red Star doit se remettre en selle en championnat. Rouen, deuxième du classement à l’époque, refroidit Bauer dès l’entame sur un missile de Schianchi. Menés pendant près de quatre-vingt minutes, les hommes de Vincent Doukantie trouvent les ressources pour renverser la vapeur par Beziouen et Gagnier au bout des arrêts de jeu dans l’hystérie générale. Un match fondateur.

François-Xavier Valentin
Crédit photo : Philippe Le Brech