BAUER LEGACY #5

LE STADE BAUER, SES ORIGINES, SON HISTOIRE – ÉPISODE 5


Depuis 1909, le Red Star écrit sa légende à Saint-Ouen. Plongez dans un récit fascinant, en découvrant en plusieurs parties l'histoire du Stade Bauer. Affaibli par les conséquences de la Seconde Guerre mondiale, le Red Star Olympique continue, tant bien que mal, le combat pour conserver son stade mais brille sur le plan sportif.

En 1937, le Red Star Olympique obtient l’utilisation du terrain jusqu’en juin 1946. Mais en 1939, le conflit mondial remet tout en question. Stoppé en mai 1940, le championnat 1939-1940 ne peut aller à son terme et prive le club de recettes et de ressources suffisantes pour honorer ses engagements auprès de la municipalité de Saint-Ouen.


La rue du Docteur Bauer dans les années 1930/40

Après l’armistice de 1940, les compétitions sportives reprennent, sans les joueurs partis au front, et avec des recettes amoindries, empêchent de couvrir les frais occasionnés par l’organisation des rencontres et la location du terrain. Pour toutes ces raisons, une demande d’exonération est présentée en mars 1941 par le président Louis Le Corre et finalement acceptée par la Mairie et le préfet de la Seine.
Durant cette période, le RSO remporte le championnat de Division 1 (zone occupée) réduit à sept équipes, devant Rouen et Bordeaux. Puis il se classe 3ème la saison suivante et remporte la cinquième Coupe de France de son histoire face au FC Sète (2-0). Dans son parcours victorieux, l’Étoile Rouge dispose d’équipes telles que le Stade Reims et Lens. Petite anecdote, à cette époque, les clubs participants sont issus de trois zones délimitées selon par l’occupant : occupée, libre et interdite.

Le vestiaire en 1941


Red Star / Reims le 16 novembre 1941

Red Star / Lens le 3 mai 1942

La guerre terminée, le nouveau maire avertit en juillet 1945 le président Le Corre que la ville a décidé de reprendre possession du terrain sur lequel a été édifié le Stade de Paris à l’expiration du bail, le 30 juin 1946. La nouvelle ébranle les dirigeants audoniens mais la solution est vite trouvée : pour éviter de perdre son stade, le Red Star propose au maire Fernand Lefort un pourcentage sur les recettes annuelles, (5% jusqu’à 6 millions de francs, 8% de 6 à 10 millions, 10% au dessus de 10 millions) et la prise en charge de l’entretien de la pelouse. En contrepartie, il bénéficie de la publicité, à condition… qu’elle soit contrôlée par la municipalité (!). Des travaux sont également envisagés par la mairie pour augmenter le nombre de places, un millier de plus chaque année.

Mais en ce mois d’avril 1946, la décision la plus importante prise d’un commun accord par le nouveau président Pierre Leroi et le maire Fernand Lefort, est la fusion du Red Star Olympique avec les S.O.A. (Sports Olympiques Audoniens). Le club de la désormais rue du Docteur Bauer (en hommage au médecin de la rue Blanqui, fusillé par les nazis) va s’appeler Red Star Olympique Audonien.
Ainsi, le Red Star pourra conserver son terrain, qu’il devra toutefois partager pour des matches de rugby et des réunions d’athlétisme. Cependant, il est autorisé à disputer certains matches de championnat ailleurs, notamment au Parc des Princes, tant que des travaux d’aménagement par la mairie ne porteront pas la capacité du Stade de Paris à 30.000 spectateurs… Sur le terrain, le Red Star finit la saison 1945-1946 à la onzième place et atteint la finale de la Coupe de France pour la sixième fois de son histoire (défaite 4-2) face à Lille.

Classé septième au terme de la saison 1946-47 (la meilleure place de son histoire en Division 1), le Red Star finira 18e et dernier la saison suivante, avant une fusion sans lendemains avec le Stade Français qui privera le terrain de Saint-Ouen d’une équipe professionnelle jusqu’en 1952.