Bauer sous les bombes de peinture

Une fresque géante et un mur à étoiles à Bauer, il est temps de faire le bilan de cette magnifique semaine de LAB “Street Art”.


À Saint-Ouen le street-art fait partie du quotidien. On le côtoie, on l'observe chaque jour, autour du stade, à côté de chez soi. Cette semaine avait pour objectif de montrer à des licenciés curieux et intéressés toute la force de cet art et leur faire découvrir la pratique et les différentes techniques.

Lors des dernières vacances de la Toussaint, deux ateliers étaient organisés par le LAB, le premier : “Learn English Through Football” avec le soutien de Foot Locker et le deuxième axé sur le Street Art. Un LAB où le mot d’ordre était la découverte d’un art nouveau, s’imprégner d’une culture afin de marquer Bauer dans le temps. L’heure était aux bombes de peinture et aux lettrages. L’heure était au Street LAB.

À la découverte d’un art nouveau

Parce qu’il y a quelque chose de commun et d’artistique à s’exprimer balle aux pieds ou bombes de peinture à la main, Keny Kayne, street-artiste parisien a parfaitement saisi l’état d’esprit du LAB et s’est transformé en professeur le temps d’une semaine. “Le Graff’ c’est avant tout du partage, c’est un vrai plaisir de démocratiser le street art à ses jeunes et de les aider dans ce beau projet”. Un projet qu’il mènera, en compagnie de son acolyte Berns et de Yasmina de la WYVI Agency, en s’appuyant sur l’abécédaire du Graffiti, fruit de la collaboration entre Keny et Posca sur lequel les jeunes ont pu s’appuyer en exclusivité pour ce LAB . Un plaisir également pour les jeunes licenciés qui ne demandaient qu’à s’exprimer bombes de peinture et Posca à la main.

S’exprimer sans parler

S’exprimer sans parler, utiliser l’art pour faire passer des messages, il paraissait capital de montrer aux jeunes à quel point le graff peut être un moyen d’expression unique qui peut avoir une résonance énorme. Cette sensibilisation a commencé avec un parcours initiatique au fil de la “Street Art Avenue” qui longe le canal Saint-Denis. Un endroit que Yani a particulièrement apprécié “c’est un bel endroit, original moderne et très inspirant, ça m’a donné envie de faire la même chose.”

Un parcours d’art urbain où des œuvres picturales s’intègrent dans le paysage en lui donnant un charme particulier. Cette journée avait pour but de leur montrer les différents styles et courants mais aussi qu’il n’est pas nécessaire de crier fort pour se faire entendre. Que chacun pouvait faire passer le message qu’il souhaitait grâce au Street Art. “Cette semaine m’a appris une chose, c’est qu’on peut dire quelque chose juste en dessinant” synthétise Yani.

Football – Culture – Futur

L’aboutissement de cet atelier était de réaliser une fresque géante dans les tribunes, un mur à étoiles dans les coursives de Bauer et de rénover le poste de commentateurs avec les “blazes” des anciens du LAB. Une réalisation permettant aux jeunes et à Ismaël de s’inscrire définitivement dans l’histoire du stade Bauer et du club : “On voit que le Red Star ce n’est pas que du foot, c’est aussi une culture et avec ce tag j’ai l’impression d’en faire partie, qu’on ne m’oubliera pas”. Un projet tellement grand que tout au long de la semaine, plusieurs licenciés, anciens participants du LAB ou non, n’étant à l’origine pas prévus se sont joints au projet. À la base Balla était venu chercher son petit frère : “Puis j’ai vu ce qu’il faisait, ça m’a intéressé et je suis resté. J’ai pu me mélanger avec les éducateurs, les plus petits et on a pu créer quelque chose de beau.”

Les mots « Football-Culture-Futur » ont été choisis pour ce tag, des mots forts de sens pour Isaac : “Ça représente le Red Star, on joue au football ensemble, on apprend et on découvre plein de choses et parce que le futur c’est nous”.

Une semaine passe vite quand on est occupé à taguer, s’amuser et marquer l’histoire de son club mais il était déjà l’heure de se dire au revoir. Plein de beaux souvenirs colorés avant de se retrouver confinés une nouvelle fois. Une aventure qui restera gravée à jamais dans l’histoire du club puisque le souhait des enfants est de conserver l’œuvre après la rénovation.

Crédits photos : Écho des banlieues (@silinasyan), Tassiana Ait Nahar, @xelle_xelle

Découvrez la Street Art Avenue en cliquant ici

Retrouvez l’Abécédaire du Graffiti de Keny Kayne et Posca en cliquant ici



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